Docteur Jean Jacques Charbonier

Médecin anesthésiste réanimateur

Clinique Saint-Jean Languedoc

20, route de Revel

31400 TOULOUSE

 

 

R.A.R. le 30 juin 2006

 

Objet: dossier reportage sur les états

de mort imminente du journal de 20 heures du 29 juin 2006

 

 

A                                            Monsieur Jean Claude Alaric

                                              Médiateur de l’information France 2

                                              7, esplanade Henri de France

                                              75907 PARIS CEDEX 15

 

 

   Monsieur,

 

           Pardonnez-moi de vous envoyer ce courrier en R.A.R., mais je veux mettre un maximum de chance de mon côté pour que cette lettre vous parvienne.

Le dossier diffusé au journal de 20 heures du 29 juin 2006 concernant les états de mort imminente traité par Melle Julia Dessage ne correspond pas à l’actualité et relève même, ce qui est du point de vue journalistique plus grave, d’une désinformation sur le sujet. Voici les faits :

 

          Le 17 juin 2006 une jeune journaliste de 28 ans, Sonia Barkallah parvient à réunir à Martigues ( Bouches du Rhône ) les plus grands spécialistes mondiaux des états de mort imminente avec la présence exclusive du Dr Raymond Moody (USA). Leurs travaux ont fait l’objet de publications dans des revues aussi prestigieuses que « The Lancet » ou « Nature » Vous trouverez la liste des intervenants dans la plaquette ci-jointe. Avec six autres médecins, j’ai eu l’honneur de participer à ce colloque à titre d’intervenant. Près de 3000 personnes assistèrent à cette journée à l’issue de laquelle s’est dégagé un consensus :

 

1°) un état de conscience modifié persiste lorsque le cerveau ne fonctionne plus ( attesté par un EEG plat)

 

2°) cet état de conscience modifié peut exister en dehors des conditions de mort imminente comme par exemple au cours des anesthésies générales

 

3°) les expériences vécues ne sauraient être explicables par les effets secondaires des produits anesthésiques ou par tout autre phénomène métabolique puisque les témoignages prouvent de façon formelle que ces états de conscience particuliers ne sont pas des hallucinations. Les « expérienceurs » perçoivent et même visualisent des détails avérés réels en période de coma, en dehors de toutes possibilités cognitives habituelles.

 

        Ces trois points essentiels n’apparaissent pas dans votre reportage. Philippe Labro et le médecin interviewés qui n’étaient pas présents à Martigues parlent même « d’hallucinations » ou de « rêves »

       La semaine dernière Julia Dessage est venue m’interviewer sur mon lieu de travail pour parler des états de mort imminente. J’avais bien insisté au cours de notre entretien sur les trois conclusions essentielles de cette journée du 17 juin 2006 qui ont fait la Une de la Presse Internationale ( voir AFP du jour). Curieusement, les médias télévisés français n’ont pas jugé utile de couvrir cet événement exceptionnel. Seule, votre chaîne a consacré un « dossier » de 4 minutes 12 jours plus tard en donnant des informations qui correspondent aux données de la science de 1977 !

 

       Le 29 juin à 19 h50, Julia Dessage m’a téléphoné pour me dire que mon interview n’était pas diffusable car il y avait eu une panne  de son lors de la prise et qu’en conséquence un autre médecin parlerait à ma place. Je lui ai répondu que ce n’était pas grave du moment que l’information capitale  des conclusions de cette journée de Martigues passait à l’antenne. Mais après avoir entendu quelques minutes plus tard les propos du « médecin remplaçant », je n’ai plus eu aucun doute sur la réalité de cette soit-disant « panne de son ». Ma naïveté à ses limites !

 

       Je vous remercie de bien vouloir tenir compte de ces remarques  qui mettent en évidence un dysfonctionnement important au sein de votre équipe d’information qui a fait preuve, en l’occurrence, d’une malhonnêteté intellectuelle flagrante.

 

       En regrettant d’avoir eu à vous écrire ce courrier, je vous prie d’agréer Monsieur, l’expression de mes sentiments respectueux.

 

 

 

 

                                                            Dr J.J. Charbonier

 

 

PS : Dans l’attente d’une réponse de votre part, cette lettre sera diffusée sur mon site ouvert depuis mars 2006 : www.charbonier.fr